🎮 Marvel Rivals - L'exception face à la saturation
CRITIQUE
Il faut croire que le hero shooter, le moba et le jeu service ne veulent tout simplement pas mourir. Avec un énième jeu Marvel, on peut s’attendre à tout. Entre les rares bons jeux solo comme Spider-Man de Insomniac Games et la multitude de jeu service multijoueur plutôt médiocre (à part Marvel Snap) : on commence à connaître l’omniprésence de la licence grâce à son rachat par Disney en 2009.
Tiens, ça me fait penser que j’ai commencé à exister sur internet en 2009, hmmm… Ne-suis-je qu’un énième produit à la solde de Marvel ? Holy-sh—
Marvel Rivals est le nouveau jeu vidéo multijoueur de NetEase Games, développeur et éditeur chinois mondialement reconnue pour son gigantisme à l’instar d’un Riot Games. D’ailleurs, on peut énormément ressentir l’influence des dernières productions de Riot sur ce Marvel Rivals : c’est beau, les effets 2D couleurs acides avec des modèles 3D brillants en mouvement, des animations qui ne me lassent jamais et des corps aux proportions exagérés qui ferait pâlir Overwatch, Stellar Blade et The First Descendant.
Passer cette beauté indécente d’animation, il faut reconnaître une autre grande qualité visuelle : le chara-design. Autant le dire franchement, c’est un travail d’orfèvre. On connait plus ou moins les personnages, que ça soit par les comics, les films du MCU ou les jeux vidéos. Et plutôt que de contenter les fans ou les novices, ils ont réussi à faire en sorte que ça plaise à tout le monde. Les apparences de base sont un mélange entre passé, présent et futur. On ose casser l’apparence de certains personnages dont Iron Fist, Psylocke, Penny Parker, Mantis - on mélange entre apparence d’origine et apparence audiovisuel dont Star-Lord, Loki, Storm, Moon Knight - et on ose mettre en avant des personnages un peu mis de côté mais qui ne manque pas d’authenticité dont Squirrel Girl, Magik ou le fameux Jeff le requin des landes. Il est clair que le jeu cherche à convaincre n’importe qui, du personnage edgy, bourrin, stratège, rigolo, rebelle, discret, mignon, chonky… il y en a pour tout les goûts.
Au delà des apparences, ça vaut quoi le jeu manette en main ou clavier souris ? Déjà, on est sur un Overwatch-like avec une caméra à la troisième personne. Dire que c’est le “même jeu que Overwatch” est un euphémisme car la ressemblance est aberrante. En plissant les yeux, on peut confondre les deux jeux qui ont à peu près le même UI design, les mêmes interactions sensorielles ou les capacités totalement repompés. Et je préfère le dire tout de suite : Marvel Rivals a bien plus de sens et d’intérêt que Overwatch. Quand on est à la première personne, on est quelque part bloquée, on ne jure que par notre champ de vision et il faut se débattre pour comprendre ce qui nous arrive dans la tronche. Dans Marvel Rivals, c’est encore plus le bordel mais c’est d’autant plus visible et stylisé qu’on a l’impression de respirer tout en profitant des décors et des potentiels skins qu’on a cravaché à obtenir afin de sublimer notre talent. Ensuite, Marvel Rivals a allégrement repris le squelette d’Overwatch tout en apportant des ajustements sur de la qualité de vie d’expérience utilisateurs : pas de restriction dans le nombre de rôle (dps, tank et healer), les maps sont variés et destructibles, les parties de type transport de convoi sont mieux équilibrés, les highlights ne sont pas imposés et c’est à nous de choisir qui on a envie de voir, le mode spectateur est bourré de fonctionnalité, la partie lore est bien fourni et consultable à volonté (pas besoin d’aller sur un site externe au jeu), tout les personnages sont jouables et gratuits, le système économique basé sur des défis avec récompenses disposent d’un battle pass moins chère que n’importe quel autre jeu service et les synergies. Je dirais même que l’intérêt même de jouer plusieurs personnages différents aux capacités uniques, c’est qu’ils ne soient pas dans la même équipe pour juste dire “hey, ça fait un bail” mais pour donner des mécaniques en bonus qui donneront un avantage certain.
Par exemple :
Si je joue Hulk, je peux donner un passif à Iron Man et Doctor Strange un bonus de puissance grâce aux rayons gamma.
Si je joue Magik, Black Panther et Psylocke gagne une nouvelle compétence qui permet d’utiliser un portail pour revenir en arrière de 3 secondes (ce qui est très utile).
Si je joue Venom, Penny Parker et Spider-man gagne une nouvelle compétence grâce au symbiote qui permet d’infliger du dégât continue au contact avec une forme boule piquante qui prend de la place sur le terrain, parfait pour bloquer et foutre la pression aux adversaires.
Et il y en a pleins d’autres que je ne vais pas étendre, mais le simple fait de mélanger pleins de personnages différents qui ont un minimum de lien de près ou de loin impose un intérêt lourd de sens sur ce besoin nécessaire d’altérité pour en sortir plus fort, plus unis, plus réfléchi et plus optimisé.
Concrètement, si vous avez déjà jouer à Smite ou Overwatch, vous ne serez pas dépaysés… mais vous allez prendre une sacrée bouffée d’air frais ! Le jeu service et le hero shooter en ont pris un sacré coup en 2024 avec Hyenas et Concord, mais il faut admettre que ces échecs vient du fait qu’ils avaient rien de neuf à proposer en dehors de leurs univers originaux (surtout pour Concord, jeu que j’ai sincèrement apprécié pour son cassette futurism à la Gardiens de la Galaxie, et son épisode sur Secret Level montre bien qu’on méritait mieux comme jeu vidéo). Et on ne va pas se mentir que l’une des plus grosses licences de la terre a bien plus de chance de briller qu’un parfait inconnu qui aura pris son temps pour faire son jeu qui mérite, qu’importe le temps qu’il aura mis pour faire un bon jeu : il n’a aucune chance face au monstre qu’est Marvel. Même si le jeu de la maison des idées est à chier, il aura plus de fréquentation, de frais et de temps consacré qu’à un underdog. C’est rageant. Mais avec tout le seum que j’ai pu avoir sur ces jeux vidéos intéressants mais disparus à jamais, mes sentiments partagés avec beaucoup de recul la licence rouge et blanche de Disney, en reconnaissant la copie carbone d’Overwatch - jeu vidéo à succès en 2016 où j’y ai consacré des années de vidéo sur YouTube avec un sentiment violent d’abandon par des décideurs qui en avaient plus rien à faire des joueurs pour le profit, créant ainsi mon premier burnout - et le malaise de retomber dans les dérives des jeux qui t’offrent espoir et amusement en passant à la caisse : Marvel Rivals est excellent.

C’est retrouver le plaisir de découvrir un jeu multijoueur à froid en s’amusant en peu de temps, même en comprenant la moitié de ce qu’il se passe à l’écran. On essaye un personnage, on change parce qu’on est trop nul, on est plus à l’aise avec un autre, on expérimente dans un mode Conquête (match à mort par équipe dans une arène) où c’est un joyeux bordel, on passe du temps sur le terrain d’entrainement pour en apprendre plus sur nos capacités… Et quand on passe du temps avec des amies à faire des combos foireux, qui fonctionne ou pas, c’est du fun. Et c’est tout ce qu’on demande quand on joue à un jeu vidéo.
Alors oui, si vous êtes dans l’optique de la méta qui dicte votre joie de vivre, sachez que le jeu est cassé mais assume totalement cette part de chaos. Il y aura des correctifs, mais personnellement je m’en fous, je ne joue pas pour la compétition mais pour le plaisir simple de jouer à un jeu qui me procure joie et plaisir : de l’amusement tout simplement.








Testé rapidement par curiosité : c'est effectivement un très bon clone d'Overwatch. Merci pour ta review et ton excellent taff depuis toutes ces années ! 👍